Répétons-le : chaque source d’insatisfaction chez un client est une opportunité de créer une nouvelle entreprise, donc un nouveau concurrent. Une entreprise inflexible se caractérise par :

  • une incapacité à entendre l’absence de satisfaction du client ;
  • la conviction de l’ensemble des troupes que le produit ou le service est bon.

S’il ne se vend pas, c’est parce que les commerciaux ne font pas leur boulot… ou que les clients n’ont rien compris. Dans ce monde à visibilité moindre, chaque membre de l’entreprise doit être en contact avec le client et à l’écoute de ses besoins. Chaque produit ou service doit être développé non pas entre les murs de l’entreprise, mais étape par étape avec, à chaque fois, l’avis et le ressenti des clients. Cela s’appelle développer un Produit Minimum Viable, mais nous y reviendrons plus tard.

L’entreprise doit désormais être à l’image du banc de poissons, solidaire par nature, attentive à son environnement extérieur, où chaque membre, capteur de tendance, peut inviter l’ensemble du groupe à changer de direction pour mieux s’adapter à la situation. Mais à l’inverse du banc de poissons, l’entreprise collaborative a un chef (comme dans l’économie « traditionnelle »), le dirigeant, qui fixe le cap et maintient les différents projets dans la réalisation d’un objectif ultime, sa vision.

C’est grâce à cette vision, reprise et portée par l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise, que cette dernière parvient à ne pas perdre l’équilibre dans ce monde où le mouvement est permanent. Le comment se décide au fur et à mesure, le chemin évolue, mais la direction ne change pas.

Son socle, ce sont aussi ses valeurs, qui font que cette entreprise n’est pareille à nulle autre, qui font que ce salarié travaille pour ce projet et pas pour un autre, et se réveille chaque matin avec la profonde envie de se réaliser dans l’entreprise. Pour être pérenne, et donc durable dans l’instable, c’est une alliance qu’il faut réussir entre au moins trois éléments fondamentaux :

  • un cadre : une vision et son appropriation, des règles de fonctionnement, des valeurs ;
  • une faculté à capter les tendances et les enjeux : via le développement de l’intelligence situationnelle de chaque acteur, la prise de recul, l’aller-retour permanent entre position « méta » et les « mains dans le cambouis » ;
  • une capacité à changer en permanence : via la responsabilisation des salariés, l’écoute des clients, le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes…

Mais c’est une alliance plus générale qu’il faut réussir en faisant de son écosystème une force, en y intégrant aussi d’autres entreprises. S’imaginer plus grand, par exemple en une ETI[1] non pas individuelle, mais composée d’une dizaine d’entreprises alliées pour acheter, vendre, communiquer ensemble. Toutes ces entreprises réunies pour capter les tendances et les besoins des clients du marché, pour mieux les satisfaire et contrecarrer les plans d’une concurrence chaque jour plus vivace.


[1] Entreprise de Taille Intermédiaire : ni PME, ni grandes entreprises, les ETI emploient entre 250 et 4 999 salariés, réalisent entre 50 millions et 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires et ont un total de bilan de plus de 43 millions d’euros et n’excédant pas 2 milliards (selon la définition de l’Insee).

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