A la question « qu’est-ce qui vous passionne en tant que chef d’entreprise », il répond sans une once d’hésitation : « la RSE ! » Une réponse peu courante chez les entrepreneurs, qui parlent bien plus volontiers de marchés à l’export, de stratégies commerciales ou de techniques de management. Lui préfère parler de collaboratif, de responsabilité, d’agilité… Portrait d’un dirigeant engagé.

La responsabilité sociale de l’entreprise, un impératif de management

Emmanuel MONY, qui dirige le groupe TARVEL-SEGEX, est convaincu que la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) doit figurer en bonne place dans le panel des outils de transformation des entreprises, et notamment dans les PME et les ETI.« Le seul moyen de diriger une entreprise et de la préparer aux enjeux du futur, affirme-t-il, c’est d’appliquer l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Je me le répète chaque semaine ! » Parce que PME et ETI ont un vrai rôle économique et social au cœur des territoires. Un rôle économique, puisqu’elles sont les premières sources d’emploi. Un rôle social, car elles proposent des métiers, donc des formations, des compétences, notamment pour les jeunes.

C’est bien la raison pour laquelle, dès qu’il s’est retrouvé aux commandes d’une entreprise, et poussé par son mentor de beau-père (le créateur de Tarvel), il n’a eu de cesse d’impulser cette fameuse RSE au cœur des instances professionnelles. Il a ainsi été à l’origine de la première convention collective des entreprises de paysagisme. « Sa rédaction m’a passionné », se souvient-il.  Il fut également l’initiateur, il y a deux décennies, du Groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ) Service Emploi Paysage, et du centre de formation Formapaysage à Vaulx-en-Velin, autour desquels il a réussi à fédérer, « en mode collaboratif », la totalité des entreprises d’espaces verts de la région Rhône-Alpes.

Pour se développer, l’entreprise doit être agile et collaborative

Collaboratif : le mot n’est pas vain, pour Emmanuel MONY. Il résonne tout au long de son parcours, puisqu’il fut parmi les tous premiers adhérents de PME Centrale. « Une idée géniale », d’après lui.

Auparavant, c’était déjà en se fondant sur des pratiques collaboratives qu’il a rédigé cette fameuse convention collective des entreprises du paysage, puis qu’il a créé Exavert, un groupement d’une quinzaine de PME du paysage présent sur tout le pays, et aujourd’hui géré par Symbiose, une filiale de Qantis. Preuve de la pertinence des choix stratégiques d’Emmanuel Mony : devenu ETI, son entreprise a dû quitter le groupement, mais puisque les alliances, c’est une des recettes du succès, il participe dans la foulée à la création d’un club d’ETI…

Son défi, c’est désormais Mix-r : une société qui réunit la Caisse d’épargne, Oraveo, April, SEB et son groupe, TARVEL-SEGEX, autour de la promotion et de la défense de la responsabilité sociale des entreprises (RSE), son cheval de bataille avec le collaboratif : « je suis à fond dans le collaboratif à l’intérieur de l’entreprise, mais ma vraie passion, c’est la collaboration entre les entreprises, qui constitue à chaque fois une aventure assez géniale ! ». Par contre, il est réservé sur le concept d’entreprise libérée, auquel il préfère largement celui d’entreprise « agile ».

Car c’est l’agilité qui permet de libérer l’énergie des collaborateurs en leur permettant de s’auto-organiser dans la confiance, ce qui produit, grâce à l’intelligence collective, de magnifiques innovations qui permettent à l’entreprise de se différencier de ses concurrents et lui donne ainsi un fabuleux levier de performance ! »

L’entreprise de demain, avec l’homme d’aujourd’hui

RSE, collaboratif, agilité… Les choix managériaux d’Emmanuel Mony sont clairs : ce sont ceux qui devraient guider tous les managers vers l’entreprise du 21ème siècle, quelle que soit sa taille. Quant aux qualités du manager lui-même, notre dirigeant lyonnais a sa petite idée : il le voit passionné, innovant, mais surtout inventif. « Le leader, c’est celui qui trouve les solutions ».

Et en dehors des heures de boulot, quel homme est-il ? Austère ? Studieux ? « Dimanche dernier, je déambulais dans les allées du SIRHA, à Eurexpo. Pas pour trouver des clients, bien sûr. Non, j’étais avec des copains, et on a déniché et gouté à toutes les nouveautés culinaires de l’année ! »