L’entreprise libérée… Vaste sujet, sur lequel les entrepreneurs ne sont pas tous d’accord. Clément de Souza, lui, n’en est plus à s’interroger : il met en œuvre, non pas l’entreprise libérée, mais l’entreprise de liberté. En fait, pour lui, ces concepts ne font que recouvrir une seule vraie réalité : l’intelligence collective. Et pour qu’elle soit efficace, il a choisi de nourrir cette intelligence collective de confiance, d’équité et de vision partagée. Portrait d’un entrepreneur libérateur.

Pour une organisation neuronale de l’entreprise

Clement de Souza

Située dans le nord de l’Ile de France, Acces-Sit, qui fabrique du mobilier professionnel, affiche de belles références. Cette PME de 25 salariés fournit ainsi de grandes marques, mais également de nombreuses PME dans la restauration, l’hôtellerie, les magasins, les collectivités… Une jolie réussite qui repose sur une longue expérience et de belles compétences, mais également sur une vision : celle de son président fondateur.

Pour Clément de Souza, en effet, le rôle du dirigeant tient plus du créateur d’ADN que du « boss » hiérarchique. De fait, Acces-Sit, sans se revendiquer comme une « entreprise libérée », fonctionne selon un mode horizontal, où tout collaborateur apporte une contribution à la fois productive et stratégique. Et cela passe par une notion rarement citée quand on parle de management : l’équité.

« L’équité, c’est quelque chose de fondamental. C’est un moyen de créer la confiance entre l’entreprise et les collaborateurs, ce que souvent les managers détruisent sans s’en rendre compte », affirme-t-il.

Pour lui, il s’agit plus de libération de la parole et de l’idée que de démocratie. L’objectif n’est pas d’instaurer l’autogestion, mais de développer une intelligence collective, un système qu’il préfère qualifier de « neuronal », à la place du classique schéma pyramidal.

Un certain « savoir-ne-pas-faire »

Dès lors, le quotidien de Clément de Souza n’est plus tout à fait celui qu’on imagine être celui d’un PDG classique. Il l’admet lui-même : « ce que je préfère dans ma journée de travail, c’est raconter des histoires, faire rêver, et même parfois ne pas faire quand je sais que mes collaborateurs font mieux que moi ! ». Cela ne signifie évidemment pas se tourner les pouces mais, clairement, notre patron « visionnaire » assume ne pas être un expert dans tous les secteurs de son entreprise.

Plus surprenant encore : s’il voit l’entrepreneur comme un élément majeur de l’entreprise en sa qualité d’« animateur de vision », il ne considère cependant pas que l’entreprise lui appartienne : « Elle peut peut-être lui appartenir de façon capitalistique, mais sans ses collaborateurs, sans les gens qu’il choisit et dont il s’entoure – associés ou collaborateurs –, tout l’écosystème qu’il développe autour de l’entreprise, sans tout cela, il n’est rienQuand on a compris cela, on ne se l’approprie plus et on comprend que c’est une aventure humaine, pas seulement une aventure d’un homme. »

La compétence augmentée, clé de la performance ?

Le collaboratif, le partage et le collectif ne sont donc pas des vains mots chez Acces-Sit. Chaque employé apporte sa compétence et sa passion sur son poste, mais peut aussi s’essayer sur des postes complètement différents, pourvu qu’il s’y accomplisse et que l’entreprise y trouve son compte. Ainsi, un menuisier passionné de design a pu devenir designer après s’être formé aux outils informatiques, apportant ainsi une « compétence augmentée » qui s’inscrit totalement dans le projet d’entreprise et devient une ressource nouvelle au service de la performance.

En dépit de sa passion pour le pilotage d’avions de tourisme, Clément de Souza garde cependant les pieds sur terre, et reconnait que tout cela ne se fait pas en un jour. S’il avoue avoir été longtemps impatient, et parfois rancunier envers ceux qui l’ont déçu, il sait désormais que la clef est bien de savoir laisser faire. Il accepte également mieux l’idée que des collaborateurs le quitte parce que leur vision ne correspond pas à la sienne, en comptant sur le fait que d’autres vont les remplacer et, peut-être, aider à « faire prendre la mayonnaise ».

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